
Le Conseil Général participe aussi au subventionnement des travaux de restauration des édifices et du mobilier classé Monument Historique, ainsi qu'à la restauration et à l'entretien du Patrimoine Rural non Protégé, dans le cadre d'une convention avec la Fondation du Patrimoine.
Face au constat de relative vulnérabilité des édifices religieux et des objets qu'ils contiennent, le Conseil Général a mis en place voilà 2 ans, un programme d'aide aux travaux de sécurisation et de valorisation des objets d'art contenus dans les églises. Ce programme novateur, a connu, dés son démarrage, un écho très favorable et a joué, d'ores et déjà, pour certaines communes, le rôle de levier qu'on lui souhaitait voir prendre.
Par ailleurs, rappelons qu'une politique efficace de préservation du patrimoine mobilier religieux conservé in situ dans les églises, du point de vue de la sûreté et de la sécurité, doit prendre en compte les aspects suivants :
le recensement du mobilier le plus prestigieux et le plus vulnérable, permettant de bénéficier de toutes les informations détaillées essentielles pour retrouver les œuvres volées ;
l'évaluation en terme de sûreté et de sécurité des édifices et des objets vulnérables pour réaliser les travaux indispensables (serrures, baraudages, alarmes anti-intrusion, fixation des œuvres et détection rapprochée, etc...) ; une présence humaine lorsque les édifices sont ouverts.
En 2002, le Centre de conservation et de restauration du patrimoine du Conseil Général, en partenariat avec la DRAC Languedoc-Roussillon, a initié le projet : « Plan-Objet 66 ». Depuis 2005, la Région Languedoc-Roussillon subventionne ce projet au titre de l'inventaire et de la conservation.
Le Plan-Objet 66 est un programme innovant qui permet de mener dans un même mouvement les actions nécessaires à la conservation in situ du mobilier religieux. Ce programme prévoit également des actions de sensibilisation du public et de valorisation.
Le Plan-Objet se déroule en 2 phases.
Après de nombreuses années pendant lesquelles le mobilier religieux n'a pas fait l'objet de la convoitise des voleurs, le pays a connu une recrudescence importante des vols d'objets d'art religieux, notamment dans les territoires frontaliers.
Notre département n'a malheureusement pas fait exception !
Rappelons que la cathédrale Saint-Jean-Baptiste de Perpignan a connu 2 vols importants : le premier, le 28 juillet 2007 où 2 têtes d'angelots en marbre ont été dérobées sur un autel, et, le 11 septembre 2007 où 39 pièces d'orfèvrerie ont été volées. Depuis la cathédrale a connu 2 tentatives d'effraction (sur un tabernacle et sur un tronc destiné aux offrandes). L'État ( DRAC) n'ayant pu réaliser les travaux de sécurisation de cet édifice dont il a pourtant la charge, nous a d'ailleurs demandé de mettre en réserve la statue du Dévot Christ, œuvre d'art emblématique jusqu'alors exposée dans la chapelle de la Cathédrale, au sein de notre Centre de Conservation où elle bénéficie selon les termes du Préfet :"d'un dispositif de sécurité optimal".
A Osseja, 2 statues en bois polychromé, du début du 18e siècle, ont été volées. Le premier vol a été commis le 27 mars 2007, le second un mois et demi après, dans la journée, alors que l'église était ouverte.
A Prats de Mollo, sur un même retable, 2 statues ont été volées en mai et une 3ème en septembre 2007. Ces vols ont eu lieu en journée, l'église étant ouverte.
A ce jour, aucun de ces objets n'a été retrouvé, bien que les services du Conseil Général, en relation avec les propriétaires, aient fait le nécessaire, le plus rapidement possible pour communiquer aux services de police, les fiches d'inventaire de ces œuvres.

Prats de Mollo, Retable St Pierre et St Paul, avant et après le vol
L'intérêt marqué du Département pour ce patrimoine religieux nous a amenés à rechercher de nouvelles stratégies de lutte contre l'amplification des exactions commises dans nos églises. C'est ainsi qu'est apparu le souhait partagé avec les communes, le Diocèse et les associations paroissiales, de mener une action partenariale en faveur de la sécurisation du patrimoine religieux du département;
Pour satisfaire à ce souhait, le Conseil Général va mettre en place, à partir de 2011, au niveau du département :
d'une part, une convention cadre, co-signée par le Conseil Général et l'évêque du Diocèse de Perpignan-Elne, définissant une volonté commune en faveur de la mise sous protection du patrimoine mobilier des édifices religieux. Ce document, prévu sur une période de 3 ans, est, bien évidemment sous-tendu par l'accord des communes propriétaires de ces édifices et leur implication directe dans sa réalisation.
d'autre part, pour chaque commune, une convention tri-partite co-signée par le Conseil Général, la municipalité, le prêtre affectataire, définissant les engagements de chaque partie.
La solution envisagée porte sur l'équipement des lieux, après une étude précise des dispositifs en place et des objets à sécuriser, de systèmes de sécurisation et de protection appropriés, pris en charge intégralement par le Conseil Général, tant sur le plan financier qu'en termes de maîtrise d'ouvrage.
Une évaluation préalable des besoins sera établie, à partir d'un diagnostic sécurité et sanitaire des édifices et des objets recensés comme vulnérables. Sur la base du diagnostic, un cahier des charges sera établi en vue de la réalisation des travaux.
Le centre de conservation et de restauration assurera le pilotage et le suivi du projet, ainsi que le recensement des objets à sécuriser.
La maîtrise d'œuvre, recrutée dans le cadre des marchés publics, aura en charge le diagnostic, l'établissement du cahier des charges, le suivi des travaux.
Des marchés seront passés avec des entreprises spécialisées pour la réalisation des travaux. Ceux-ci prendront en compte parallèlement la valorisation du mobilier si nécessaire.
Pour les travaux concernant des édifices protégés au titre des Monuments Historiques, l'avis préalable du Service Départemental d'Architecture et du Patrimoine sera sollicité ; de même pour les interventions touchant les objets mobiliers protégés MH, une autorisation de travaux sera demandée à la DRAC, en conformité avec le code du patrimoine.
A noter que l'outil de saisie et de gestion de l'opération utilisé sera la base de données objets et édifices gérée par le Centre de conservation et de restauration du Conseil Général.
Pour chaque édifice, et à chaque étape de la réalisation du programme, des réunions d'information et de concertation seront organisées, avec le Conseil Général, la commune, le clergé, la paroisse, afin que les travaux réalisés collent au plus près des besoins et des attentes de chaque partie et de s'assurer, dans le temps, de l'efficacité de cette opération.
Direction du Patrimoine et de la Catalanité
150 avenue de Milan
Zone St Charles
66000 Perpignan
Tel. 04 68 85 89 40
Fax. 04 68 54 45 61
Centre de Conservation et de Restauration du Patrimoine
150 avenue de Milan
Zone St Charles
66000 Perpignan
Tel. 04 68 85 89 40
Fax. 04 68 54 45 61
Responsable
Jean-Bernard MATHON
Conseil Général des Pyrenées Orientales