Bienvenue sur le site de Paulilles où le Conseil Général est heureux de vous accueillir. La réhabilitation de cette ancienne friche industrielle est née de la volonté conjointe du Conservatoire du Littoral (propriétaire) et du Conseil Général (gestionnaire) de rendre à ce site toute sa beauté et sa dimension naturelle. En effet, dans les années 1980, un vaste projet de marina devait recouvrir de son luxe élitiste les traces émouvantes du passé de Paulilles et saccager la beauté inestimable de ce lieu. Une volonté politique forte a écarté à tout jamais ce projet-là pour s'orienter vers un agencement doux, respectueux de l'histoire du site et résolument tourné vers la protection de l'environnement et la découverte du patrimoine maritime de notre département.
Ce projet, intitulé « l'avenir d'une mémoire », s'est montré particulièrement attentif à l'histoire de Paulilles. Aussi, les « anciens » de l'usine (dynamiterie Nobel) ont activement participé à sa réalisation. Ce projet se devait aussi d'être ambitieux et porteur de sens pour l'avenir.
Une nouvelle vie débute désormais pour le site de Paulilles auquel tous les habitants du département, et notamment ceux de la Côte Vermeille, ont toujours été très attachés. Soyez-en les dignes hôtes lors de votre visite, sachez lui faire honneur et le partager... Pour notre plaisir d'aujourd'hui et pour celui de nos enfants demain.


Nichée entre le Cap Béar et le Cap Oullestrell, tous deux sites classés, l'anse de Paulilles renferme trois belles plages séparées par des promontoires rocheux : la plage de Bernardi au nord, la plage del Mitg (de l'Usine) et celle du Fourat au sud.
Depuis le col de Las Portas, au dessus de Port-Vendres, l'anse apparaît comme une oasis de verdure, un couvert de feuillus vert clair et de vignes, le tout posé sur un tapis de schiste au pied du massif des Albères.
Assez rares sur la côte, les formations forestières naturelles ont été bien préservées et occupent à Paulilles une place importante qui conditionne l'attrait paysager du site. Ainsi les pins d'Alep, pins pignons, pins maritimes composent avec les chênes lièges, chênes verts et oliviers. L'intérêt floristique se manifeste également par la présence de plusieurs espèces endémiques : l'armérie du Roussillon, le polycarpon de Catalogne, la passerine hérissée, la statice de Trémols et de deux habitats d'intérêt communautaire : les fourrés de Gattiliers et les fourrés de Tamaris.
On dénombre sur le site 10 espèces rares tels que le cochevis de Thekla (espèce endémique du Roussillon), le martinet pâle (espèce qui ne niche en France que sur les falaises littorales des Albères et en Provence), le merle bleu, le merle de roche, la fauvette à lunettes, la fauvette pitchou, le bruant fou ou le bruant ortalant.
Concernant les oiseaux marins, la richesse est tout aussi remarquable. En effet, les falaises du cap Oullestrell constituent le seul point de nidification régulier du goéland leucophée sur la côte rocheuse ; c'est également le seul point d'hivernage important du cormoran huppé et du grand cormoran.
L'intérêt paysager et patrimonial de Paulilles s'étend également au milieu marin. En effet, toute l'anse de Paulilles est incluse dans le site Natura 2000 « Posidonies de la côte des Albères » du fait de la présence d'habitats remarquables d'intérêt communautaire, tels que les herbiers de posidonie certes, qui constituent un lieu de reproduction et de nurserie pour plusieurs espèces, mais aussi le coralligène, enchevêtrement biologique riche et complexe d'animaux et de végétaux.

Jusqu'en 1870, la vie rurale s'écoule paisiblement à Paulilles, loin de la guerre qui oppose les troupes de Napoléon III à l'armée prussienne. Mais la débâcle de l'armée française face à la Prusse, en 1870, va engendrer le bouleversement de ce site rural. En effet, pour poursuivre l'effort de guerre, Gambetta, ministre de l'Intérieur et de la Guerre, lève le monopole de l'Etat sur les poudres et explosifs et encourage la création d'une usine de dynamite « le plus loin possible des frontières avec l'Allemagne ».
Il missionne alors Paul Barbe, officier commandant d'artillerie et ingénieur dans la vie civile. Ce dernier a suivi de près les travaux du chimiste suédois, Alfred Nobel.
En débarquant à Port-Vendres, Barbe voit en Paulilles le site maritime adéquat : d'une part, la baie dispose d'une rivière (le Cosprons) et de puits d'eau indispensables au nettoyage de la nitroglycérine ; d'autre part, large et enserrée entre les caps Béar et Oullestrell, elle est isolée des lieux de vie avoisinants, ce qui limite les riques en cas d'explosion ; enfin, facteur important au regard de la loi alors en vigueur qui restreint la circulation d'explosifs à la navigation, la proximité du port de Port-Vendres, ouvert sur la Méditerranée, est un atout supplémentaire.
Alors que Nobel multiplie les brevets pour une utilisation civile de la dynamite, Barbe entreprend l'installation de l'usine en 1870. Ce sont ainsi cinq générations de Catalans qui vont se succéder sur ce site industriel dédié à la fabrication de la dynamite.
La dynamiterie emploie rapidement 300 à 400 personnes. En 1960, l'usine produit 20 tonnes de dynamite par jour, approvisionnant les plus grands chantiers du siècle comme le canal de Panama, la base spatiale de Kourou, le site de tirs de Mururoa ou encore le port de Fos sur mer.
Paulilles est devenu un petit village qui fonctionne en autarcie, avec ses logements, son école, son église, ses fêtes comme la Ste Barbe (patronne des artificiers), ses mariages, ses naissances... et ses drames. Le premier a lieu le 25 juillet 1877 lorsqu'une salle de conditionnement explose : 3 morts.
Tout le long du processus de fabrication, c'est une véritable chaîne humaine qui se met en place : chimistes, nitreurs, pétrisseurs, encartoucheuses, paraffineurs...
D'autres explosions vont malheureusement suivre, causant une trentaine d'accidents mortels. Mais, plus grave, le contact avec la matière à longueur de journées dégrade la santé des ouvriers et des ouvrières qui se mettent à souffrir de maux de tête violents, de nausées, de malaises et surtout d'une forte dépendance. Ces maux ne seront reconnus comme maladies professionnelles qu'en 1981, après avoir fait plusieurs dizaines de victimes.
A partir des années 1970, le marché de la dynamite est en baisse et l'usine voit sa production décroître progressivement. En 1984, la Société nationale des poudres et explosifs ferme le site de Paulilles et celui-ci ne tarde pas à susciter de nombreuses convoitises....
En effet, les terrains sont rachetés en 1989 par le promoteur Jean-Claude Méry, pour un coût de 4,2 millions d'euros, dans le but d'y édifier un complexe immobilier pharaonique : Port-Méry, une marina englobant un port de 500 anneaux. Ce projet ne verra heureusement pas le jour grâce à une forte mobilisation locale !

Depuis la fermeture de l'usine en 1984, le site est laissé à l'abandon. Adultes ou jeunes, promeneurs ou marginaux se réapproprient le lieu interdit, qui incarne à la fois leur passé, et une certaine idée de la nature.
En 1998, le site de 32 ha est finalement racheté avec le soutien déterminant du Conseil Général par le Conservatoire du Littoral. En 2000, ce dernier en confie la gestion au Département. Mais, le devenir de Paulilles, et notamment son ouverture au public, est un casse-tête pour le propriétaire et le gestionnaire :
pari difficile, en effet, que de réhabiliter cette friche industrielle pour partie classée en zone inondable, grignotée par la végétation, vulnérable aux incendies, rendue dangereuse en bien des endroits par son activité passée et, malgré cela, prise d'assaut chaque été par des dizaines de milliers de visiteurs!
Le pari sera toutefois relevé, à partir de 2005, avec un but commun :
valoriser les potentialités à la fois historiques et paysagères du lieu sur 17 ha pour une ouverture permanente au public dès 2008. Le Conservatoire du Littoral et le Conseil Général retiennent alors un
projet d'aménagement symbolique - « Paulilles, l'avenir d'une mémoire » - fruit d'une équipe pluridisciplinaire composée de paysagistes, d'architectes, de botanistes... et auquel participeront ensuite les associations locales de défense du patrimoine.
C'est le parti pris d'une intervention et d'un aménagement en douceur qui est privilégié en permettant au paysage de retrouver son identité originelle et en multipliant les ouvertures visuelles. Sur plus de 80 bâtiments, quelques 70 sont ainsi détruits et concassés. Les 8000 m3 de matériaux inertes broyés (maçonnerie, briques, tuiles) sont réutilisés pour les parcours piétonniers. Seuls 9 bâtiments peuvent être restaurés avec un choix architectural clair :
l'utilisation d'une gamme de matériaux simples : bois, enduits à la chaux, brique, schiste.
Au final, le paysage s'organise désormais suivant trois grandes unités paysagères : l'arc panoramique, avec ses jardins et le sous bois, l'arc littoral, ponctué par les pins qui se sont ressemés et la grande prairie, caractérisée par son tapis d'herbe rendu à l'état naturel.

Au sein de cet ensemble, les lieux de vie et de mémoire se répartissent en quatre secteurs :
Le premier, composé de la Maison de site, tient lieu d'accueil du public. Ce lieu est embelli par l'ancien jardin du Directeur, rafraîchi et mis en valeur.
Le deuxième secteur, appelé le Hameau, repérable par la cheminée de l'usine qui s'élève à 30 m de hauteur, regroupe trois bâtiments : l'un abrite le futur atelier de restauration de barques catalanes, l'autre est l'ancienne centrale vapeur de l'usine dont l'affectation reste à définir, enfin le troisième, l'atelier de la plage, est une base logistique et technique pour la gestion de la plage et l'accès au milieu marin pour la Réserve Marine de Cerbère-Banyuls et l'Université de Perpignan.
Le troisième secteur, compris entre l'arc littoral et le mur anti-débarquement (témoin de l'occupation allemande) accueille, dans les alcoves de la dynamiterie originelle, un parcours muséographique de plein air.
Enfin, le quatrième secteur, constitué de la grande prairie, est occupé par la Grande Halle, bâtiment de stockage des barques catalanes et du matériel nécessaire à la gestion du site.
Désormais, même si une grande partie du site reste inondable, les travaux ont permis l'amélioration des conditions d'écoulement des crues, la diminution du risque incendie, la réhabilitation du bâti et, enfin, de meilleures conditions d'accès au site aussi bien pour les véhicules que pour les piétons. En effet, depuis la RD 914, les automobilistes sont dirigés vers l'aire de stationnement unique, d'une capacité de 260 places, mettant ainsi fin au stationnement anarchique et dangereux le long de la route qui prévalait les années précédentes. Depuis cette aire de stationnement, les visiteurs rejoignent les plages par des cheminements piétonniers et sécurisés.
Pôle Aménagement et Gestion des Sites
Site de Paulilles
RD 914 - 66660
Port-Vendres
Tél. 04 68 95 23 40
Responsable :
Marie-Laure LICARI
Horaires d'ouverture
